donation en droit fiscal
Publié le 30 décembre 2025

Définir la « donation » en droit français, c’est d’abord comprendre qu’il s’agit d’un acte de transmission à titre gratuit qui entraîne un dépouillement actuel et irrévocable du donateur. Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis juridique ou fiscal personnalisé — consultez un professionnel qualifié pour votre situation spécifique. Pour les responsables associatifs souhaitant approfondir les règles fiscales applicables, des organismes humanitaires proposent des ressources sur les dons et fiscalité pour les associations caritatives.

Donation entre vifs : la définition essentielle

En droit français, la donation entre vifs est un acte par lequel une personne se dépouille, dès maintenant, et de façon irrévocable, d’un bien ou d’une valeur au profit d’un bénéficiaire. En fiscalité, la question des droits peut se poser quelle que soit la forme retenue : la qualification dépend des faits et des pièces disponibles.

La suite de ce guide vous aide à relier la définition légale à des repères simples : quelle place a l’acte notarié, ce que la forme change concrètement, et comment documenter votre situation pour éviter les confusions fréquentes autour du mot « don ».

La qualification (donation ou autre) dépend des faits et des preuves. Les règles et interprétations peuvent évoluer : vérifiez la version en vigueur avant toute décision. En cas de doute, orientez-vous vers un notaire et/ou l’administration fiscale.

Définition : qu’appelle-t-on « donation » en droit français, civil et fiscal

La notion de donation repose sur un mécanisme précis du Code civil : le transfert immédiat et définitif d’un bien ou d’une valeur, sans possibilité de retour en arrière pour le donateur.

Poignée de main scellant un accord de transmission définitif entre deux personnes

Selon la définition légale de la donation entre vifs, le donateur se dépouille « actuellement et irrévocablement » de la chose donnée. En pratique, la donation est généralement formalisée par acte notarié, ce qui sert aussi de cadre de preuve. Sur le plan fiscal, l’administration retient notamment que la forme n’a pas d’impact sur l’exigibilité des droits de mutation à titre gratuit : ce sont les faits qualifiants et le dossier qui comptent.

Trois repères pour identifier une donation : un dépouillement du donateur qui intervient dès maintenant ; un caractère irrévocable (le donateur ne peut pas « reprendre » librement ce qui a été donné) ; un dossier de preuve cohérent, souvent via un acte notarié, exploitable si la qualification est discutée.

Même avec une définition claire, la confusion vient souvent des mots du quotidien (« don », « donation », « virement », « cadeau »). La section suivante propose une méthode simple pour se poser les bonnes questions, sans automatisme.

Qualifier une transmission : une méthode simple pour éviter les confusions

Face à un transfert de valeur, la première question porte sur la nature réelle de l’opération : s’agit-il d’un acte répondant aux critères légaux de la donation, ou d’une autre forme de libéralité ?

Pour qualifier une situation, partez de questions factuelles : y a-t-il un dépouillement « dès maintenant » et « irrévocable » du donateur, et quelles pièces le démontrent ? Ensuite, notez si un acte notarié existe ou s’il serait pertinent pour sécuriser l’opération. Gardez en tête un point important côté fiscal : selon le BOFiP, la forme de la donation n’influence pas l’exigibilité des droits de mutation à titre gratuit.

Arbre de décision pour qualifier une transmission

  • Si le donateur se dépouille actuellement de la chose donnée : premier critère de définition rempli, passez à la question suivante.
  • Si ce dépouillement est irrévocable : deuxième critère rempli, vous êtes dans le périmètre potentiel d’une donation.
  • Si aucune preuve solide n’existe (ni acte notarié, ni pièces cohérentes) : la qualification peut être fragilisée en cas de contrôle — sécurisez votre dossier avant toute conclusion.

Exemple concret : lors d’un virement important entre un parent et son enfant majeur, le caractère actuel et irrévocable peut être établi par des échanges écrits et le relevé bancaire. Toutefois, en l’absence d’acte notarié, la preuve reposera sur la cohérence du dossier constitué. À vérifier : le transfert est-il documenté ? Le bénéficiaire dispose-t-il d’une trace de l’intention du donateur ?

Une fois la situation « qualifiée » à grands traits, le risque principal vient souvent des formalités et des justificatifs. La section suivante se concentre sur ce que la forme change concrètement et sur les erreurs courantes de dossier.

Ce que la forme change et ne change pas : formalités, dossier et erreurs fréquentes

La distinction entre donation formalisée par acte notarié et autres modes de transmission ne détermine pas automatiquement le régime fiscal applicable, mais influe directement sur la solidité de la preuve.

Personne vérifiant un dossier de transmission sur tablette numérique

La forme joue surtout sur la sécurisation et la lisibilité du dossier : Service-Public rappelle que la donation se fait par acte notarié, ce qui cadre l’opération. Mais côté fiscal, d’après la règle relative à la forme et l’exigibilité des droits, la forme n’a pas d’influence sur l’exigibilité des droits de mutation à titre gratuit.

Selon impots.gouv.fr, en 2024, moins de 1,7 % des déclarations de dons effectuées en ligne ont donné lieu au paiement de droits. Ce chiffre illustre que la majorité des transmissions déclarées bénéficient d’abattements ou d’exonérations, mais ne dispense pas de constituer un dossier complet. L’administration fiscale indique également un changement de mode de déclaration prévu à partir du 1er janvier 2026 : vérifiez les modalités en vigueur au moment de votre démarche.

  • Conserver une trace de ce qui est transmis (nature du bien ou valeur, date, bénéficiaire)
  • Conserver les éléments qui montrent le caractère actuel et irrévocable du transfert
  • Archiver les pièces de formalisation (acte notarié s’il existe, ou pièces cohérentes)
  • Éviter les explications contradictoires entre les documents et les échanges
  • En cas d’incertitude, demander un avis à un notaire ou vérifier auprès de l’administration fiscale

Dans le monde associatif, la confusion entre « don » (langage courant) et « donation » (acte juridique) est fréquente. La dernière section vous aide à employer les bons mots et à orienter vers les bonnes ressources, sans promettre d’avantage fiscal.

Donner à une association : vocabulaire, pièces utiles et prochaines étapes

Le soutien aux associations emprunte souvent un vocabulaire simplifié qui ne correspond pas toujours à la réalité juridique : distinguer « don » de « donation » évite des malentendus sur les formalités attendues.

Dans le contexte associatif, le mot « don » est souvent utilisé au quotidien pour désigner tout versement ponctuel. Si vous employez le terme « donation » au sens juridique, gardez en tête qu’il renvoie à un acte où le donateur se dépouille actuellement et irrévocablement, généralement encadré par un acte notarié. Pour soutenir une association de manière rapide sans entrer dans une logique patrimoniale, vous pouvez consulter la procédure de don par SMS.

En pratique, lors d’un don à une association reconnue d’utilité publique, le donateur reçoit généralement un reçu fiscal. Ce document atteste du versement et permet, sous conditions, de bénéficier d’une réduction d’impôt. Toutefois, la qualification juridique de l’opération (don simple, don manuel, donation entre vifs notariée) dépend des faits et des montants engagés.

Questions fréquentes sur la donation

Quelle est la définition d’une donation en France ?

Référez-vous à la définition légale : un acte par lequel le donateur se dépouille actuellement et irrévocablement de la chose donnée au profit d’un bénéficiaire.

Faut-il toujours un notaire ?

L’acte notarié est le repère indiqué par Service-Public pour formaliser une donation. En cas de doute sur la forme à adopter, c’est un réflexe de sécurisation recommandé.

La forme suffit-elle à dire s’il y a des droits ?

La doctrine fiscale (BOFiP) rappelle que la forme n’influence pas l’exigibilité des droits de mutation à titre gratuit. Ce sont les faits et la qualification qui déterminent le régime applicable.

Si votre objectif relève plutôt d’une transmission à organiser dans le cadre successoral, l’article consacré au legs universel et impact durable peut vous aider à poser les bonnes bases.

La donation est une notion juridique précise, et sa qualification dépend des faits et des preuves. En cas de doute, sécurisez votre démarche en demandant un avis à un notaire ou en vérifiant auprès de l’administration fiscale.

Rédigé par Julien Mercier, il écrit des contenus pédagogiques sur les démarches de soutien aux associations et la compréhension des notions juridiques et fiscales utiles au grand public. Il vulgarise sans simplifier à l’excès, en privilégiant des définitions vérifiables, des exemples prudents et des repères d’action. Son approche vise à aider le lecteur à qualifier une situation et à savoir quand demander un avis professionnel.